24.01.2012
LAURENT GBAGBO L'HISTORIEN
GBAGBO, L'HISTORIEN
Le Chef de l'Etat, Alassane Ouattara, lors du traditionnel message présidentiel à la nation le 31 décembre 2011 à 20 h sur la RTI 1, a tenu les propos suivants : « En 2012 la Côte d'ivoire étonnera le monde ». Etait-ce une prophétie ? Sans doute au regard d'un événement quasi-invraisemblable qui s'est produit.
En effet, depuis quelques jours une étonnante nouvelle est relayée par presque toute la presse ivoirienne et certains journaux français. La très tristement célèbre Cour Pénale Internationale s'est vu comme obligée de reconnaître que le Président Gbagbo, le plus médiatisé de tous les prisonniers de son existence, serait indigent. Du moins au stade actuel de ses investigations sur lesquelles on peut parier sa tête sans aucun risque que mêmes les services secrets et autres agences spécialisées de renseignements occidentaux ont collaboré dans la forte espérance de trouver ne serait-ce qu'un compte vide à l'étranger.
La Côte d'ivoire a vraiment étonné le monde. Comment un président accusé de tous les péchés d'Israël, accusé de crimes économiques par la justice de son pays peut-il être indigent ?
Comment quelqu'un à qui son opposition prêtait des milliers de milliards, qui s'avèrent imaginaires, dans les banques suisses est-il incapable de financer sa propre défense ? Comment les occidentaux ont pu geler des avoirs qui n'existent pas ?
C'est très étonnant ça ! Vous ne voyez pas ? A l'annonce de cette information historique, un ami ouattaraïste convaincu jusqu'à la moelle des os a cru bon de me persuader par un raisonnement digne d'un analphabète du moyen-âge. Pour lui : les Blancs ont déclaré Gbagbo indigent afin de mettre la main sur ses milliers de milliards dans l'objectif de les remettre à ADO pour développer la Côte d'Ivoire.
Fasciné par l'imagination stérile et sans bornes de mon ami, je me suis tout simplement abstenu, par prudence, de croiser le verbe avec ce dernier de peur de le voir appeler les FRCI quand il sera sans doute en difficulté dans le débat contradictoire. La Sagesse, c'est l'Art de vivre plus la prudence, disait les anciens Grecs.
Revenons à cette révélation historique de la part des juges de la CPI qu'on ne peut pas accuser de rouler pour Gbagbo. Tout le monde sait que Gbagbo est historien de formation.
Il a enseigné en qualité de professeur d'histoire et géographie au lycée classique, lequel lycée qui l'avait déjà reçu en tant qu'élève. Il a par ailleurs soutenu une thèse de doctorat à l'université la Sorbonne-Paris VII, en 1979, sur les fondements de l'économie ivoirienne. On lui doit plusieurs publications dont deux que j'apprécie personnellement : Réflexions sur la Conférence de Brazzavile, édité par les éditions Clé, en 1978, à Yaoundé et Soundjata, Lion du Mandingue. C'est le premier texte écrit du Président Laurent GBAGBO, cependant ce n'est pas son premier livre publié. C'est une pièce de théâtre.
A l'époque il enseignait en tant que jeune professeur d'histoire et de géographie au Lycée classique d'Abidjan. Il est important de préciser qu'il avait 26 ans en ce temps. Cette pièce de théâtre a été écrite en prison, à la lumière d'une lampe électrique, entre 1971 et 1973 à Séguéla. A sa sortie de prison, quand il a présenté le manuscrit, aucun éditeur ne voulait le prendre en Côte d'Ivoire à moins, l'a-t-on conseillé, de le publier sous un faux nom, surtout que le titre initial était : Et le lion rugira. C'est après la publication de son deuxième manuscrit intitulé Réflexions sur la Conférence de Brazzaville, en 1978, aux Editions Clé à Yaoundé que les Editions CEDA ont accepté de publier le texte en 1979 avec son nom mais sous le nouveau titreSoundjata, Lion du Mandingue.
Aussi, c'est un secret de polichinelle que le Président Gbagbo a toujours affiché sa fierté d'être historien. Il disait à ses proches que c'était pour devenir président de la république qu'il avait changé de spécialité pour étudier l'histoire. Rappelons que la bourse d'étude qu'il avait reçue pour aller poursuivre ses études universitaires en France était pour les langues grecques et latines.
Selon lui, quand il a commencé à militer vraiment il s'est rendu compte que la connaissance de l'histoire de l'Afrique lui manquait. Il avait l'habitude de dire qu'il n'avait jamais vu d'ignorant dans les luttes révolutionnaires. La mémoire bien exercée étant l'une des qualités premières d'un historien, Laurent Gbagbo, en « professeur de stratégie politique », selon l'expression de Blaise Pascal Talla, ressassait souvent : « Eux, ses adversaires, ils font de la communication, moi je fais de la politique et de l'histoire. ».
De plus, lorsqu'il est élu président et investi ensuite le 26 octobre 2000, selon des témoignages concordants, il a réunit ses enfants et leur a tenu en substance ces propos : « Je vais gouverner ce pays sans voler 5 francs pour ne pas qu'après, on dise en vous voyant : voici les enfants de celui qui a volé les ressources de son pays. »
Par ailleurs, lors de la remise officielle du film-documentaire : « Un Homme, une Vision » réalisé par le cinéaste Abdérhamane N'Diaye, il racontait que lorsqu'il était élève au Classique, lui et plusieurs de ses amis voulaient devenir président de la république. Certains disaient comme il fallait beaucoup d'argent pour faire la politique et devenir président, ils allaient être d'abord homme d'affaires, gagner beaucoup d'argent et chercher à être président. Quant à lui, Gbagbo, sachant depuis longtemps où il allait, il disait qu'il ne ferait pas d'affaires car on ne pouvait pas faire des affaires sans avoir les mains sales. Ainsi, étant pauvre et ayant les mains propres, il allait être président. L'avenir lui a donné raison.
Sima Quian (145-86 av. J.-C.), le premier historien chinois, affirmait avec assurance : « Ceux qui n'oublient pas le passé sont maîtres de l'avenir. » Dans ce même discours, il précisait que le pouvoir a un seul usage : celui de servir le peuple. Pour lui, si quelqu'un fait de la politique et devient très riche, c'est que c'est un voleur.
Il y a certains métiers où on ne vient pas pour être riche, disait-il. Il est donc légitime de savoir qu'elle aurait été l'ampleur médiatique de l'affaire si on avait découvert ne serait-ce qu'une brique ou un appartement privé dans un pays occidental ? On imagine les journalistes de France 24 en train de s'égosiller sur cette information. Car Gbagbo disait à chaque fois qu'il était peut-être le seul chef d'Etat africain qui n'avait pas de maison ni de compte à l'étranger. Assurément, Gbagbo ne fait pas seulement de la politique, il fait de l'Histoire. Car cela aurait été une grande humiliation et un déshonneur pour le Digne Peuple Ivoirien et pour les Panafricanistes si on avait découvert le contraire.
Laurent Gbagbo disait à l'occasion de l'ouverture du 2ème Sommet international du Congrès de la Jeunesse Panafricaine (COJEP), le samedi 18 décembre 2004, au Palais des Congrès de l'Hôtel Ivoire à Cocody : « La première chose qu'il faut comprendre, c'est que dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect.
Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : "Je te fais un prêt, voici les conditions". "Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à venir. La génération que je représente, c'est de donner la dignité, c'est de forcer le respect. ...
Nous n'avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom d'intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! »
Il avait déjà écrit dans Soundjata, lion du Mandingue : « Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge./Elle a la limpidité de l'eau de pluie /Et la violence de l'ouragan. / Le monde est malheureux Parce que les hommes ne se souviennent pas. /Or hier n'est pas encore loin. Et demain est profond, D'une profondeur pleine d'espoir. Ecoutez ma parole : elle ne sait qu'avancer ! / Ecoutez ma parole : l'Histoire est Vérité ! (1) »
(1) GBAGBO Laurent, Soundjata, Lion du Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p. 102
Imhotep MAÂT
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23.01.2012
POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE REJET LA DEMANDE D'EXTRADITION D'HISSEIN HABRE
Contribution De Maître Ciré Clédor LY, Avocat à la Cour
Suite à la dernière décision de la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Dakar constatant l’irrecevabilité de la demande d’extradition de Monsieur Hissein HABRE adressée au Sénégal, le Royaume de Belgique a publié dans des rédactions de la presse nationale et internationale un communiqué dont le but évident est de porter atteinte à la crédibilité du Sénégal.
Il est important d’attirer l’attention du public sur ces points précis de cette affaire :
1/ LE REJET DE LA DERNIERE DEMANDE D’EXTRADITION N’EST QUE JUSTICE
Dans leur dernier communiqué massivement publié, les autorités judiciaires Belges prétendent que le Sénégal n’aurait pas transmis à la Cour d’appel de Dakar les pièces requises en matière d’extradition. Il s’agit pour rappel du mandat d’arrêt international ainsi que de la loi applicable aux faits reprochés à Son Excellence le Président Hissein Habré.
Le Royaume de Belgique a ainsi cherché à masquer ses propres carences et son manque de respect manifeste envers un Etat souverain, essayant de faire croire à l’opinion publique que le Sénégal aurait versé dans des pratiques d’une bassesse indigne d’un Etat. Ce faisant, c’est à l’honorabilité de la République du Sénégal que le communiqué belge s’attaque.
L’on s’interroge sur les conditions dans lesquelles les prétendues victimes qui justifieraient la prorogation de compétence de la loi Belge ont acquis la nationalité. Il est très embarrassant de lire dans le communiqué du gouvernement belge le concept de « citoyen belge d’origine Tchadienne ».
2/ LE DROIT SENEGALAIS NE PERMET PAS A LA COUR D’APPEL DE STATUER SUR UNE DEMANDE D’EXTRADITION EMISE CONTRE UN ANCIEN CHEF D’ETAT.
Sur ce point, la Belgique fait preuve d’un acharnement indécent à l’encontre du Président Hissein HABRE auquel elle dénie ses droits fondamentaux y compris celui qui en est le plus élémentaire consistant à gagner un procès et à bénéficier du respect et de l’exécution des nombreuses décisions de justice rendues en sa faveur :
Pour mémoire, le 28 novembre 2005, la Belgique avait saisi le Sénégal d’une demande d’extradition du Président Habré et, c’est cette même Chambre d’Accusation de Dakar qui avait rendu un Avis définitif d’une limpidité déconcertante pour le Royaume Belge, en déclarant notamment : « qu’elle ne saurait étendre sa compétence aux actes d’instruction et de poursuite exercés contre un ancien Chef d’Etat pour des fait commis dans l’exercice de ses fonctions ».
C’est pour cette raison que dans sa décision, la Chambre d’Accusation avait ajouté que « Considérant que Hissein Habré doit dès lors bénéficier de cette immunité et que ce privilège a vocation de survivre après la cessation définitive de la fonction de Président de la république quelque soit sa nationalité, en dehors de toute convention d’entraide……Considérant qu’il s’infère de tout cela, que la Chambre d’Accusation est incompétente pour connaître de la régularité de poursuite et d’un mandat d’arrêt s’appliquant à un Chef d’Etat » ;
Il est manifeste que depuis cet arrêt du 25 novembre 2005, la Chambre d’Accusation en a terminé avec « l’affaire Hissein HABRE », et les questions de compétence étant d’ordre public, cette Juridiction est désormais liée par sa propre décision.
C’est d’ailleurs dans ce sens que la Cour de Justice de la CEDEAO a, dans son arrêt rendu le 18 novembre 2010, nettement enjoint à l’Etat du Sénégal « de se conformer au respect des décisions rendues par ses juridictions nationales, notamment au respect de l’autorité de la chose jugée ».
Il est dès lors inique et indécent que la Belgique, qui ne manque aucune occasion pour reprocher aux Etats Africains la mal gouvernance et l’insécurité juridique, invite les institutions judiciaires Sénégalaises à se saborder et à entamer leur crédibilité en leur demandant de violer les décisions ayant acquis l’autorité de la chose jugée.
3/ LES PROCEDURES BELGES NE SONT QUE BASSE POLITIQUE
Il est manifeste que « l’affaire Hissein HABRE » est une affaire éminemment politique au sein même du Royaume, car le Sénat Belge réunit en session extraordinaire le 30 mai 2006, avait voté une Résolution politique sur proposition du gouvernement, et enjoint au Sénégal d’extrader Hissein HABRE vers la Belgique à défaut de toute poursuite, et ce après avoir pourtant pris connaissance de la décision rendue le 25 novembre 2005 par le juge sénégalais.
Cette politisation de l’affaire mérite d’être portée à la connaissance de l’opinion publique et des organisations de défense des droits de l’Homme, car elle fait irrémédiablement obstacle à toute extradition vers la Belgique d’après les règles qui gouvernent la matière.
Le 15 mars 2011, le Royaume de Belgique ayant repris sa demande d’extradition, le 18 août 2011 la Chambre d’Accusation de Dakar avait encore déclaré sans détour que « le Royaume de Belgique, par requête datée du 19 février 2009, a traduit le Sénégal devant la Cour Internationale de Justice relativement à la prétendue violation de son obligation d’extrader ou de juger.
Que ce contentieux est encore pendant devant cette haute Juridiction, qui seule peut trancher l’interprétation controversée entre les deux (02) Etats de l’obligation de juger ou d’extrader (…) d’où la demande d’extradition de la Belgique était irrecevable » ;
Encore une fois, l’on constate qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de pièces non transmises comme le communiqué belge a voulu le faire comprendre, mais encore de saisine intempestive et désobligeante d’une juridiction nationale à laquelle on semble dénier toute autorité et dont on banalise la fonction.
Le Citoyen sénégalais, les autorités nationales sénégalaises, ainsi que toute personne éprise de justice sont sidérés de l’acharnement contre le Président Hissein HABRE. Surtout pour rappel, dès qu’il avait été saisi d’une plainte contre des américains et des Israéliens, le Royaume de Belgique s’était empressé de renoncer à sa loi sur la compétence universelle.
En tout état de cause, il y’a lieu de rappeler que SEM Hissein HABRE a été admis au Sénégal comme réfugié politique et officiellement il a reçu l’asile politique pour être conséquemment protégé par les Conventions et Traités internationaux sur les réfugiés politiques.
Le président Hissein HABRE n’a commis aucun acte compromettant sur sa terre d’asile et d’adoption, aucun fait de nature à justifier qu’il soit remis à quelque pays qui soit.
L’interprétation du droit international de la règle « Aut dedere, Aut judicare » a des limites objectives qui se heurtent à la souveraineté des Etats et à la règle tenant à la nationalité.
La Convention des Nations Unies contre la Torture contient elle même des contours qui imposent des limites à toute interprétation abusive qui dénierait à un Etat sa souveraineté.
Au demeurant, l’on ne peut que constater que les demandes répétitives et inlassables d’extradition de la Belgique qui se garde bien de respecter le principe de la réciprocité, troublent manifestement l’ordre public interne, décrédibilisent les institutions qu’elle invite à la mal gouvernance, et sapent foncièrement les fondements sur lesquels reposent la société Sénégalaise à l’aune de la lutte ultime pour la consolidation de ses acquis institutionnels.
Enfin, il est à souligner qu’aucune personne ne peut être extradée de la Belgique vers le Sénégal ou un pays d’Afrique et cela en vertu du droit interne Belge. Le Royaume n’a jamais été intéressé par un accord de coopération ou d’entraide judiciaire avec un pays africain pour échapper à la règle de la réciprocité.
Fait à Dakar, le 21 janvier 2012
Maître Ciré Clédor LY
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18.07.2011
CAMEROUN : MAINTENANT POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA FAMILLE MUNA
CAMEROUN Les grandes familles du Cameroun | Jeuneafrique.com - : http://t.co/QKKUva9
12:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

